Panique - Espoir d'un nouveau départ ?

 

mercredi, 26. décembre 1988

 

Aujourd'hui je peux répondre oui à cette question. Bien que cela ait l'air long, même si je ne vaincrais jamais cette mystérieuse maladie.

Brusquement, et de manière inattendue, s'incrusta-t-elle pour plus de sept ans dans mal vie et m'a saisie totalement.

Un nom vint très vite sur mon problème de santé, mais le rapport entre palpitation, l'apparition de sueurs, des sensations de vertiges, des difficultés respiratoires, la sensation d'évanouissement imminent, la mort soudaine et même la fin.

Médecins et neurologues se sont révélés un peu impuissant à ce sujet. Certes je commençais peu de temps après ma première psychothérapie, mais comme elle ne servait à rien, que la partie médicale n'avait rien à entreprendre, c'était à moi de comprendre mes problèmes de santé. Au lieu de cela, débuta une recherche acharnée sur les causes possibles. Il fut question de viol de parents qui me frappaient ou bien de problèmes d'alcoolisme. Cependant ma vie s'était déroulée de façon normale jusque là et toutes ces possibilités ne virent pas en question. Sur ce, le médecin affirma tout simplement que je n'étais pas prête, en dernier lieu, à admettre mon problème personnel.

Cette affirmation m'horrifia, après tout j'étais toujours la malade et particulièrement intéressée à l'explication de mes symptômes.

Le « succès » de cette étrange thérapie ne se fit pas attendre longtemps. Au bout de six mois j'étais fin prête. Une deuxième et une troisième psychothérapie suivirent. Et toujours des questions insidieuses, encore toujours cette affirmation tendant à croire que je dissimulais un secret.

Au bout de deux ans et demi, je pus à nouveau travailler. Un petit succès sembla s'installer tout doucement. Mais je retombais de nouveau malade. Cette fois une arthrite dorsale. Mais au lieu de diagnostiquer cette maladie séparément, les médecins en firent une variante à la panique qui m'habitait. Encore aujourd'hui je lutte en tant que patient souffrant d'angoisses et je revendique la possibilité d'avoir aussi d'autres maladies.

Sans arrêt, je recevais de nouvelles attaques de panique. Pourquoi et à quoi cela servait-il ? Cette question resta cinq ans sans réponses. Enfin la solution vint. Mon oncle m'apporta un jour un article paru dans le journal, qui faisait le parallèle entre les crises de panique et les accidents. Sans cesse je me posais la question, d'où venaient donc mes crises de panique. Sachant que les accidents pouvaient aussi amener à des moments de panique, la sensation de peur devint pour moi beaucoup plus simple.

Enfin je décidais de donner à ma vie une nouvelle impulsion. Je franchis le pas en me séparant de mon ami. Je pris également des vacances. Soudain je m'aperçus combien il pouvait y avoir de beaux moments dans la vie en dehors de la panique et comme je profitais de ces instants malgré la menace d'une rechute.

En outre et malgré de nouveau échecs, je débutais une nouvelle psychothérapie chez un psychologue enfin compétent qui réuissit à me mettre sur la bonne voie, qui me soutint dans mes efforts, éloigna mon attention de la panique. Aujourd'hui je suis à nouveau capable de mener une vie normale et indépendante. Je ne serais probablement pas entièrement délivrée, mais j'ai appris à assumer la panique dans ma vie, à la gérer et à ne pas me laisser emprisonner par elle.

En ce qui concerne ses expériences avec les médecins, thérapeutes, autorités et caisses de maladie, l'auteur a écrit un livre sincère et passionnant.

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